Quand la dépendance devient vulnérabilité : pourquoi la souveraineté numérique n’est plus optionnelle

Marco Generoso

Il y a quelques mois, je posais cette question simple :
Et si, du jour au lendemain, votre Plan A tombait à l’eau ?

Ce scénario n’a plus rien de théorique.
Récemment, un procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) a vu ses accès suspendus par Microsoft, sous la pression de sanctions américaines -> Lire l’article de presse.

Microsoft a immédiatement démenti toute coupure généralisée. Mais le fait reste là : un fournisseur non européen, soumis à une législation étrangère, a pu restreindre un accès critique à un organisme international indépendant.

Ce n’est plus un risque. C’est un signal d’alarme.
La dépendance technologique, lorsqu’elle s’étend à la couche stratégique — messagerie, stockage, sécurité, identité — devient une vulnérabilité systémique.

La cybersécurité à l’épreuve du droit extraterritorial

Beaucoup d’entreprises pensent encore que la cybersécurité se limite à des pare-feux, antivirus ou sauvegardes.
Mais la réalité est plus complexe : le droit s’invite désormais au cœur de la sécurité.

Des lois comme le Cloud Act américain, le Patriot Act, ou certains régimes de sanctions internationales permettent à des autorités étrangères d’imposer à des fournisseurs américains (ou soumis à leur juridiction) des obligations d’accès ou de blocage de données, sans passer par les autorités locales.

En d’autres termes :

  • un fournisseur étranger peut être contraint d’agir contre vos intérêts, sans préavis, ni recours.
  • et cela même si vos données sont stockées en Europe.

La confiance, ce n’est pas qu’une question technique

Dans le numérique, la confiance repose sur trois piliers :

  1. La confiance technique – la solidité des infrastructures et des outils.
  2. La confiance juridique – la protection légale des données et des accès.
  3. La confiance géopolitique – l’indépendance vis-à-vis de puissances étrangères.

Pendant trop longtemps, l’Europe — et la Suisse en particulier — a construit son informatique sur le premier pilier en oubliant les deux autres. Résultat : une souveraineté numérique fragilisée, dépendante de fournisseurs étrangers qui peuvent, sous contrainte légale, suspendre un accès critique ou exfiltrer des données sensibles.

Construire un “Plan B” souverain et maîtrisé

Chez E-Secure, nous en faisons une conviction stratégique : La résilience passe par la maîtrise.

C’est le sens de notre engagement pour une cybersécurité souveraine, suisse et robuste.
Notre approche Serenity Endpoint s’inscrit dans cette philosophie : combiner les meilleures technologies européennes — comme HarfangLab, EDR certifié par l’ANSSI — avec une supervision locale, managée et conforme au droit suisse.

Ce modèle hybride permet :

  • d’assurer une détection et une réponse en temps réel, sans dépendance extraterritoriale,
  • de préserver la confidentialité et l’intégrité des données,
  • et de garantir la continuité d’activité, même en cas de rupture avec un fournisseur global.

L’indépendance, c’est la résilience

La souveraineté numérique ne signifie pas fermer les portes du monde.
Elle consiste à s’assurer de pouvoir les ouvrir soi-même.

Anticiper, c’est protéger.
Et dans un contexte où les infrastructures numériques deviennent des leviers de puissance géopolitique, construire un Plan B souverain n’est plus une option — c’est une nécessité.

Parce qu’aujourd’hui, la véritable sécurité, c’est la maîtrise.

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